Improvisations

Un titre de photo comme point de départ. Un nouveau titre de photo toutes les 5 mn pour faire rebondir le récit. Partie de cache-cache, à vous de jouer et de retrouver ces accidents de parcours …

Majesté de l’arbre qui se la pète, comme s’il savait tout, avait tout vu, tout lu. Monsieur je sais tout, super connecté avec le grand univers. Parce que du haut de sa grandeur il en oublie qu’il y a différents chemins pour arriver au but. Pas de ligne droite squelettiquement bourrée de tiges d’acier pour être droit, plus raide que la justice qui exige de vous que vous soyez cent pour cent responsable ou cent pour cent débile. Et la ligne accidentée, M’sieur Dame, tu l’as déjà vue celle-là ? Volute jumelée à farandole folle ? Tourbillon permanent à se vomir dessus ? Immobilisme total et aller-retours incessants ? Murs de tous côtés et revenir revenir revenir pour enfin trouver le bouton secret. Avancer, reculer, faire un pas de côté. Trouver, perdre, chercher, oublier, s’envoler.

Viennetta Vanille Chocolat. Tout ça n’est que gloubiboulga indigeste bon pour Casimir et son pote à pois. Ces deux-là ils s’en posent pas des questions, c’est sûr. Ou plutôt, ils se sont fixés pour mission de faire gober à tous vos lardons à quel point la vie est un paradis. L’île aux enfants. Mais quel cauchemar ou juste pour en suer dans les bourrelets, bourrelets de l’âme qui n’a pas encore eu le temps de se déployer. Guirlande de Noel et flonflons mielleux, bienveignangnance dégoulinante et bonnes intentions confites de conventions. Bon appétit et surtout bonne indigestion. De quoi vous fabriquer encore quelques beaux bourrelets tout roses pour qu’on tue le cochon bien gras et qu’on le déguste grillé sur la plage de Cabourg à marée basse. Au nez et à la barbe de la maréchaussée qui proteste à grands cris « non, non, non, ce n’est pas du tout permis de faire du feu ici ». Et pourquoi donc Monsieur l’agent ? Vous reprendrez bien un peu de cochon rôti ? C’est tellement bon ce gras bien cuit qui gicle sous la dent. Bien meilleur en tout cas que le paon dont les plumes vous chatouillent le fond de la gorge. Vous imaginez, Monsieur l’agent, s’il se met à faire la roue quand vous avez décidé de l’avaler ?

Vous voilà donc en train de devenir tout rond. Rond comme un ballon. Rebondissant sur la plage de serviettes en serviettes sous les yeux ébahis du maître-nageur… Arborescence tentaculaire dites-vous ? Ne serait-ce pas plutôt dégénérescence auriculaire ? Quoi qu’il en soit ce n’est certainement pas… certainement pas quoi ? Je ne sais pas… je n’ai pas « l’Ence » qui ferait la chute afin qu’elle sillonne jusqu’à l’infini la côte dentelée de cet océan gris. Variation des dunes sous les vents tumultueux qui font et refont la topographie des lieux. Déjouant les stratégies des mouettes qui nichent et protègent leur progéniture des prédateurs à poils et à pattes. Le géant ébouriffé qui d’un coup se penche sur leur nid et englouti en quelques lampées cette si chère couvée. La mouette rieuse s’en moque mais le goéland crie, hurle, tempête et se rue sur la pauvre mouette et lui pique, dans un tourbillon de poussière, le reste de son nid.

Stage d’écriture et peinture en Cévennes