Journal d’un lampadaire

Choisir un lieu que vous aimez. Faites raconter par un objet, ou un personnage qui vous accompagne ou une personne extérieure à la scène ce que vous êtes en train de vivre. // 

20181014_164032Au café de la Mairie.

C’est samedi. J’adore le samedi. Tu sais pourquoi j’aime le samedi ? Parce que c’est le jour de l’atelier d’écriture.

Toute la semaine je suis là, je fais mon job, bien sage sur le mur. Mais personne, vraiment personne ne fait attention à moi. J’éclaire, mais tout le monde s’en fout. Ou plutôt non, pas tout le monde, mais je préférerais presque. Le pire, c’est les premières rencontres Meetic. Tu sens parfois qu’on me couperait bien la chique. Je me souviens de cette fois ou l’homme s’était installé, il avait beaucoup d’avance. Il était très nerveux ; de grosses gouttes de sueur dégoulinaient sur son visage. Il s’épongeait le front continuellement mais rien n’y faisait. C’était soi-disant de ma faute, je chauffais trop. N’importe quoi ! Quand la belle est arrivée, il aurait vraiment fallu qu’elle soit affamée pour lui sauter dessus ! Un fiasco, le pauvre !

Mais bon, le samedi, rien n’est pareil. Tu es là, avec 6, 7, 8 parfois 11 ou 12 autres coreligionnaires. Vous êtes heureux de vous retrouver, fébriles de découvrir ce qui cette fois ci va jaillir de vous. Et moi, je fais partie de vous, vous avez besoin de moi pour suivre le chemin de vos plumes sur le papier, pour éclairer les méandres de vos idées, pour révéler l’émotion derrière la façade, pour sortir de l’ombre la richesse de vos inspirations.

Le moment que je préfère, c’est la lecture. J’illumine votre pudeur et vous mets à nu. Impossible de te cacher, même si parfois cela te torture, sous les feux de mon rayonnement, tu dois te lancer. Et lire. Parfois je ris, parois je pleure, parfois je m’ennuie. Mais tu ne vois rien. Ni toi ni les autres d’ailleurs.

Mais ce que je sais, c’est que si je n’étais plus là, je vous manquerais, vous chercheriez mille solutions pour me ressusciter. Et peut-être même qu’en désespoir de cause vous devriez abandonner vos grands projets littéraires.

C’est déjà fini… vivement Samedi !

 

Atelier d’écriture du samedi matin : Au fil des mots et des couleurs 

 

Un commentaire sur “Journal d’un lampadaire

  1. De mes yeux au grattoir, le lampadaire éclaire ma vue, mais de mes veines jaillit l’inspiration.

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