Oppression

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Atelier d’écriture 328 Bricabook

 

Le titre du film serait « multicolore ».

Cette photo serait le visuel de l’affiche du film.

Le film commencerait par une image très floue, un fondu de gris.

Le spectateur se demanderait s’il y a un problème de mise au point dans le matériel de projection.

La musique monocorde et aiguë viendrait renforcer un sentiment de malaise qui s’installe.

Le flou peu à peu permettrait de laisser voir des lignes droites verticales ondulantes à grande vitesse.

Le son se transformerait en un sifflement de serpent transformant le malaise en oppression.

Les lignes droites peu à peu se stabiliserait jusqu’à se figer dans leur verticalité.

La caméra se lancerait alors dans un long travelling faisant défiler des centaines de panneaux gris métalliques tout en s’éloignant progressivement pour faire apparaître une construction de panneaux métalliques sur plusieurs niveaux.

Stop brutal de la caméra. Apparition de deux balcons dans le champ de la caméra.

Au-dessus des deux balcons, une lumière rouge s’allumerait. Faiblement d’abord puis monterait en intensité. Au point d’aveugler le spectateur. La lumière rouge se mettrait à tourner. C’est un gyrophare.

Le spectateur sentirait la nausée qui monte. Il regretterait d’être venu. Mais c’est comme ça quand on se revendique d’être un voyeur.

Le sifflement progressivement laisserait place à une sirène hurlante. Le spectateur n’aurait qu’une envie, s’enfuir. Mais il aurait accepté le contrat en entrant dans la salle de cinéma. Les portes resteront fermées jusqu’au mot FIN.

Brutalement, le silence absolu reviendrait dans la salle.

Un coup de tonnerre et un éclair blanc déchirerait l’image : un forçat en tenue orange quasi fluorescente, décharné, au visage livide se tiendrait debout les bras en croix à droite de chaque porte des balcons.

Deuxième coup de tonnerre, deuxième éclair : 5 matons aux chemises bleues électriques, disposés en quinconces, descendraient attachés à un filin. Ça ne se verrait pas au premier coup d’œil, mais on remarquerait quelque chose d’étrange. De menaçant.

Les matons auraient les yeux fermés, la mâchoire carrée, le cheveux court.

Silence à nouveau. Qui s’éternise.

Le spectateur commencerait à s’agiter dans son fauteuil.

Le silence continue. L’image est figée : rouge, orange, bleu, gris.

Dans le silence, très bas pour commencer commence à l’élever un chant d’oiseau, le chant d’un rossignol qui s’amplifierait jusqu’à remplir l’espace.

FIN

Le spectateur pleure, de soulagement, d’épuisement. De joie de sa liberté retrouvée.