Une vache parle

Vache pensante

Une vache parle : « Moi, Marguerite, je m’excuse de trouer la couche d’ozone. »

  • Hey Marguerite, d’abord on dit pas « je m’excuse » mais « excusez-moi ». Alors pour la peine, t’as un gage. Moi aussi j’aimerais bien trouer la couche d’ozone quand je pète. Mon frère serait vert de jalousie. Parce que lui, quand il rote, il troue mes tympans ! et si quand je pète, moi je troue la couche d’ozone, je serai plus forte que lui.
  • T’es une pestouille, toi, dis-moi. Mais j’aime bien ça. Et entre filles, on doit se soutenir. Donc si c’est pour clouer le bec à ton frère, je veux bien t’apprendre à péter comme un boulet de canon. Commençons tout de suite. En position : mains par terre, tête relevée, fesses en l’air, dos cambré… va-y, montre-moi de quoi tu es capable, souffle de toutes tes forces !
  • Dac Marguerite, j’y vais. Comme ça les mains, ça va ? Elles sont assez écartées ? Ouille, j’ai mis les mains dans des orties !
    … Pfffft
  • T’as entendu ?
  • Ben non, j’ai rien entendu
  • Je recommence, écoute bien

(silence)

  • J’y arrive pas.

Amélie commence à s’agiter. Elle pousse, elle pousse, plus elle pousse, plus son derrière pointe vers le ciel mais moins ça sort. Elle commence à pleurnicher. C’est très agaçant ces enfants, pense Marguerite. Ça veut, ça veut, et à la moindre contrariété ça baisse les bras.

  • Dis Amélie, t’as mangé quoi hier ?
  • Plein de gâteau au chocolat. J’ai même mangé la part de mon frère, il était furieux !
  • Tu n’arriveras jamais à rien avec du gâteau au chocolat, pauvre idiote. Fais comme moi, mange de l’herbe, bien verte, bien acide, bien croquante, et tu verras, ça fonctionnera beaucoup mieux.
  • De la salade ??? Pouah quelle horreur ! Plutôt ne plus jamais péter !

C’est ainsi qu’Amélie renonça à péter aussi fort que la vache, parce qu’elle ne prit pas la peine de demander si elle pouvait continuer à manger du gâteau au chocolat après une ration quotidienne d’herbe verte. Tant mieux pour la couche d’ozone. Ou pas.