6 avril 2021 – Epanouie

Epanouie

Gentiment, doucement ou pleine d’allant, avoir déplié ses méandres, les avoir explorés, admirés, étalés et désormais les présenter au monde.

De toutes les couleurs ou monochromes, chauffés par le soleil, caressés par un vent léger, grelottants dans la nuit sombre, ils s’étendent, se montrent, s’assument. Les méandres de son être. Pétales rouge vif froissés puis repassés bientôt flétris, corolle odorante jaune d’œuf, fine élancée vers le ciel, courte sur queue, en rase-motte mélancolique au bord de l’eau, combattante dans la terre sèche et la pierraille, rien ne lui interdit de s’ouvrir au monde qui l’accueille et s’extasie.

Elle est belle d’être. A la regarder, tout parait léger. Elle est bien partout. Pas bêtement. Simplement. Elle a délimité le contour de sa place et l’occupe pleinement. Elle sait qu’un peu plus loin elle ne saurait pas. Pas pour l’instant. Pas tout de suite. Demain peut-être. Sans doute à petits pas mais pourquoi pas dans un grand élan. Avec toute la puissance de ce qu’elle est déjà. Ce qu’elle a appris. Ce qu’elle a perdu. Les rivières qu’elle a refusé de sauter pour les traverser à gué un peu plus loin. Les déserts qu’elle a traversés trouvant toujours la réserve de sève pour se relever. Elle est belle car elle prend sa place, celle qui lui revient, sans plus de lutte, sans jalousie. Elle s’impose d’être ce qu’elle sait être. Elle ne vole personne, ne bouscule rien, ni ne se contraint. Elle est là, elle apaise, elle réconcilie. Elle déclenche l’hostilité de ceux qui aimeraient tant dominer, briller posséder, ou juste exister. Elle n’est à personne. Elle ne fait d’ombre à personne. Elle prend la lumière et illumine à son tour.

Confinement numéro trois, dans l’intimité de nos états