7 avril 2021 – Grognon

Grognon. Comme ce matin. Pas une franche mauvaise humeur, non. Grognon. La faute sans doute de ce vague mal de tête, même pas franc et massif qui donnerait toutes les bonnes excuses pour se recoucher ou pour carrément envoyer bouler le premier malheureux qui n’aurait pas vu le signal DANGER sur mon visage. Juste une gêne qui vient de la nuque et rend le bras un peu douloureux. Juste assez pour grogner quand je le bouge. Et aussi un fond de sommeil qui traine. Pas assez dormi, comme toutes les nuits. Pas assez de bonnes nouvelles depuis des semaines. Un train-train qui me couvre de cendres. Une charge de travail qui m’asphyxie. Un bout du tunnel qui a été coupé. Couic. Couic couic. Tiens, un sourire.

Grognon, c’est mignon. C’est léger, sans racine. Ça part d’un coup de coton. Un coton qui sent bon. Un rayon de soleil qui passe par-dessus les toits et paf, ça éclate comme une bulle de savon. Envolé le grognon.

Grognon c’est pas long, ça demande juste un peu d’attention. Un petit câlin sur le canapé du salon. Un bisou sur le front. Envolées, parties les pensées qui ne tournent pas rond.

Grognon. Il est déjà midi. Le chat miaule derrière la porte d’entrée de l’immeuble. Sa maitresse dort encore. Moi je bosse. Ma tête va exploser. Je n’ose plus consulter mes mails. Chaque message s’ouvre sur une nouvelle corvée. Ce matin, j’étais grognon. A midi, j’ai juste envie d’étrangler tout le monde. L’araignée sur le mur en fait les frais. Il n’y a plus d’araignée. Juste une tâche. Et une patte qui dépasse.

Confinement numéro trois, dans l’intimité de nos états

Epanouie