13 avril 2021 – Pleine de rancœur

Pleine de rancœur. Toute petite, toute menue, toute limitée dans sa croissance faute d’avoir poussé au bon endroit, avec les bonnes personnes. Comme une plante en voudrait au jardinier qui aurait fait d’elle une plante naine pour l’avoir mise dans un pot trop petit.

Pleine de rancœur, le truc le plus inutile qui existe. Et pourtant, quand c’est là, ça s’accroche la rancœur. Comme un amour déçu. Une activité solitaire qui s’autonourrie et développe une imagination sans fin pour se complaire dans son état. C’est noir, ça pue, et on s’en délecte. Coprophage. Va pour le chien, mais pour l’humain ? Trouble pathologique, pas de doute. Pour certain, au bout d’un temps ça disparait. Comme un long processus de deuil. Non pas que ça n’existe plus, mais on vit avec la déception. Elle est apprivoisée.

Pour d’autres, ça ne passe jamais, et ça devient une raison de vivre. Chacun son huile d emoteur après tout.

La rancœur, ça ne m’inspire pas je crois.

Confinement numéro trois, dans l’intimité de nos états

EpanouieGrognonCaptivéeTouchéeAttentiveReconnaissanteEmue